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Secteur des déchets : l’ESS a une valeur ajoutée

Aujourd’hui, zoom sur une question bien particulière : quelles sont les valeurs ajoutées de l’ESS dans le secteur des déchets en Ile-de-France ? Nous étions récemment à une conférence organisée par L’Atelier, centre de ressources régional de l’économie sociale et solidaire (ESS) en Île-de-France, sur ce sujet.

Pourquoi s’intéresser à cette question ? Parce que l’ESS et l’économie circulaire rencontrent des enjeux doubles : enjeux d’image et de valorisation, mais aussi enjeux d’efficacité humaine et économique – comme l’a expliqué Eric Forti, vice-président de l’Atelier, également président de la CRESS Ile-de-France.

Pour apporter leurs éclairages, avaient répondu présent :

  • Brice Gournay, doctorant de la chaire ESS de l’Université Paris-Est Marne-La-Vallée (UPEMLV),
  • Valérie Fayard, déléguée générale adjointe d’Emmaüs France,
  • Anne-Laure Wittmann, directrice d’Enda Europe.

L’ESS et les déchets en Ile-de-France

Brice Gournay a dépeint le visage de l’ESS dans le secteur des déchets en Ile-de-France :

  • 200 structures, dont 45 structures d’insertion par l’activité économique,
  • 160 dans le textile,
  • 20 dans les déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE).

La France compte au total 1 912 structures ESS dédiées à la prévention et à la gestion des déchets (source : ADEME). Ces structures s’occupent souvent de donner une seconde vie aux objets. Elles dégagent ainsi une réelle utilité économique, sociale et environnementale.

La chaire ESS de l’UPEMLV s’attache aujourd’hui à définir des indicateurs autres qu’économiques pour mesurer les valeurs ajoutées de l’ESS dans ce secteur. En effet, l’ESS génère un bénéfice social autant qu’économique. Pour exemple : le rôle de l’insertion par l’activité économique, qui permet de former des personnes éloignées de l’emploi, leur trouver un emploi et les renforcer socialement.

Hervé Defalvard, responsable de la chaire ESS de l’UPEMLV, nous parle des spécificités de l’ESS dans le secteur des déchets en Ile-de-France, et de la problématique de sa valorisation :

Au Nord et au Sud, des acteurs engagés

Valérie Fayard a témoigné de l’action des groupes Emmaüs de France, très présents dans le secteur des déchets. Elle présente ici leur activité, la valeur ajoutée sociale de leur projet économique, mais aussi sa vision de la place de l’ESS dans le secteur des déchets :

Pour clore cette conférence, Anne-Laure Wittmann, de l’association Enda Europe, a fait part des expériences de l’économie populaire dans les pays du Sud. Dans cette partie du monde, 1 personne sur 2 n’a pas accès à un service de collecte des déchets. Les déchets sont bien souvent gérés sans prendre en compte l’environnement (incinération, déchetteries à ciel ouvert…). Des mouvements citoyens se sont auto-organisés pour pallier l’absence de service mis en place par les collectivités locales. L’illustration la plus connue : les catadores au Brésil.

Ces démarches déployées au Sud sont autant d’exemples de projets à valeurs ajoutées économique, sociale et environnementale, que regardent les pays du Nord.