Retour sur les cafés

EPV : un label pour le développement des territoires et l’attractivité des entreprises

Retour sur notre café débat du 13 avril 2018, organisé en coordination avec la DIRECCTE Ile-de-France , avec le concours de la Direction générale des entreprises (DGE) et de l’Institut Supérieur des Métiers (ISM)

Label EPV : reconnaissance des savoir-faire d’exception

Alexis Govciyan, Directeur de l’Institut Supérieur des Métiers (ISM), a présenté les atouts du label d’Etat Entreprise du Patrimoine Vivant (EPV), qui a été créé en 2005 pour récompenser des entreprises aux savoir-faire d’excellence.

« L’État soutient ces entreprises en tant que vecteurs de croissance de l’économie nationale », a-t-il précisé, en rappelant le poids économique du secteur (le chiffre d’affaires cumulé annuel des entreprises labellisées EPV représente environ 14 milliards d’euros) et en insistant sur le dynamisme économique et la compétitivité de ces entreprises à l’export.

Il a aussi évoqué les principaux défis auxquels les EPV doivent faire face, parmi lesquels la formation, l’apprentissage et la transmission des savoir-faire, la promotion des secteurs et métiers d’avenir auprès des jeunes, ou la valorisation auprès du grand public de l’identité des territoires dans lesquels sont implantées et se développent ces entreprises.

De son côté, Kristof de Meulder, chargé de mission au Bureau de l’Artisanat et de la Restauration à la Direction générale des entreprises (DGE), a souligné la force du label EPV comme vecteur de structuration et de valorisation d’un réseau d’entreprises partageant des valeurs communes, en montrant comment la labellisation contribue à l’amélioration de la visibilité des entreprises et à leur attractivité sur leur territoire et au-delà.

Il a également précisé le rôle de la Direction générale des entreprises et des DIRECCTE, présentes dans chaque région, pour soutenir le développement des entreprises EPV, et la contribution des différents acteurs de l’écosystème de l’accompagnement et du financement (chambres consulaires, Business France, Bpifrance,…) pour faire de ces entreprises des champions à l’international.

3 exemples d’entreprises labellisées EPV

  • Développer le tourisme de savoir-faire : Tricots Saint-James (labellisé EPV depuis 2013)

Basé en Normandie, Tricots Saint- James est l’un des fleurons du tricot français, fondé en 1889. Son Président, Luc Lesénécal, qui est également Président de l’Association Nationale des Entreprises du Patrimoine Vivant (ANEPV) et Conseiller du commerce extérieur de la France (CCEF), a partagé l’expérience des Tricots Saint-James sur l’ouverture au public et le tourisme de savoir-faire.

Le tourisme de savoir-faire vise à faire découvrir aux clients/consommateurs des techniques, des métiers, des traditions et le fonctionnement d’une filière artisanale ou industrielle à travers, notamment, les visites d’entreprises et d’ateliers.

« Le label EPV est sans doute le label le plus vivant et le plus moderne qu’une entreprise peut avoir aujourd’hui en France » a-t-il ajouté.


[ Vidéo Luc Lesénécal – Tricots Saint-James ]

  • Réussir et valoriser son ouverture au public : Verrerie de Soisy (labellisée EPV depuis 2006)

Marie-Alice Alary, co-gérante de la Verrerie de Soisy, atelier traditionnel de soufflage de verre, a fait un état des lieux du savoir-faire et du développement de cette entreprise, située dans le Val d’Oise, qui vient de fêter ses 40 ans.

Une histoire familiale intergénérationnelle, ancrée entre tradition et modernité : construction de la verrerie par la mère de M-A Alary à la fin des années 1970, puis spécialisation dans le verre coloré impulsée par M-A Alary et mise en place d’une politique d’ouverture au public pour montrer le travail des maîtres verriers aux visiteurs, et, en 2012, reprise de l’entreprise par le petit-fils de la fondatrice qui y apporte, depuis, de nouveaux savoir-faire acquis auprès de verriers de renom.


[ Vidéo Marie-Alice Alary – Verrerie de Soisy ]

  • Intégrer le numérique : Muzéo Paris (labellisée EPV depuis 2015)

    Président de Muzéo, Eric Angiboust a expliqué comment son entreprise, spécialisée dans la reproduction d’oeuvres d’art sur mesure (tableaux, photos,..), réussit à concilier tradition et innovation pour valoriser ses savoir-faire et exporter à l’international.

    Muzéo intègre le numérique à son process de fabrication (traceurs numériques, procédé d’impression labellisé de reproduction sur des imprimantes jet d’encre grand format) et pour la mise en scène du contenu artistique sur des écrans avec scénarisation digitale de l’espace.

    Rassemblant un ensemble de compétences (designers graphistes, consultants-commerciaux, atelier artisanal d’impression et de finition), l’entreprise parisienne est également présente à Londres, Genève et Dubaï.


[ Vidéo Eric Angiboust – Muzéo ]

 

Export et Made in France : les conseils de la douane

Après avoir rappelé la part importante de l’activité des entreprises EPV réalisée à l’international, Philippe Maslies Latapie, adjoint au chef du bureau E1 « Politique tarifaire et commerciale » à la Direction générale des Douanes et des Droits indirects (DGDDI), a présenté le rôle de la douane en matière d’accompagnement des entreprises à l’export.

Quels sont les avantages des statuts d’exportateur enregistré (EE) et d’exportateur agréé (EA) et quels sont les outils de sécurisation à disposition des entreprises ? Pourquoi la détermination de l’origine d’un produit est-elle importante ? Quelles sont les règles douanières d’origine, et en particulier liées au « Made in France » ?  Autant de questions abordées, qui concernent en particulier les entreprises du patrimoine vivant, dans la mesure où la haute valeur ajoutée d’une fabrication « made in France » fait partie des critères d’attribution du label EPV aux entreprises candidates à la labellisation.

P. Maslies Latapie a expliqué que, dans le cadre de ses missions relatives à l’origine des marchandises, la douane est chargée de protéger le marquage de l’origine française sur les produits. La douane contrôle ainsi la conformité de la mention « made in France » – et de toute autre mention de nature à faire croire qu’un produit a été fabriqué en France – avec la réglementation européenne relative à l’origine non préférentielle.

Il a également rappelé qu’il existe en France une procédure dédiée, la demande d’Information sur le Made in France (IMF), qui permet aux entreprises de savoir si leurs produits peuvent se voir apposer un marquage d’origine de type « made in France ». Cette procédure s’adresse à toutes les entreprises fabriquant en France des produits destinés à être soit commercialisés dans l’Union Européenne, soit exportés hors de l’Union Européenne, soit les deux.


[ Vidéo Philippe Maslies Latapie – Direction générale des Douanes et des Droits Indirects ]

 


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