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Parcours d’entrepreneurs : Yoni Dayan, la passion du MOOC

L’équipe des Cafés économiques a rencontré Yoni Dayan, jeune entrepreneur français passionné de nouvelles technologies. Sélectionné par le Massachusetts Institute of Technology (MIT) pour bénéficier d’une formation à l’entrepreneuriat, il a passé trois mois aux États-Unis afin de développer son projet de start-up centré sur les MOOCs. Zoom sur son parcours.

Yoni Dayan

Aujourd’hui 5 à 15% des personnes qui commencent un MOOC le terminent. En cause, selon Yoni Dayan : le manque d’interaction sociale, mais aussi d’autres facteurs. Son projet de start-up vise à pallier les manquements des MOOCs.

 

Depuis son plus jeune âge, Yoni Dayan a la passion d’entreprendre. A 18 ans, avec des amis, il fonde un site web de test de jeux vidéo. Rapidement, la plateforme se classe deuxième du genre. « A l’origine, je dispose d’une formation en sciences humaines, mais j’ai toujours eu cette envie de créer des produits, des services innovants et de monter des start-ups », explique le jeune homme, âgé de 32 ans.

Après la faculté, il devient superviseur en free-lance au sein d’une start-up basée sur un nouveau modèle d’études prospectives. Des analystes y étudient des secteurs très spécifiques, comme par exemple le milieu spatial privé, afin de « prédire » leur avenir. Mais en parallèle de sa passion pour l’entrepreneuriat, Yoni Dayan a aussi le goût d’apprendre. « J’ai toujours aimé le concept de l’éducation continue, le fait d’acquérir de nouveaux savoirs et compétences quel que soit son age et son occupation. C’est ainsi que je me suis intéressé très tôt aux MOOCs », raconte-t-il. Depuis leur apparition, en 2008, il en a déjà suivi une cinquantaine !

Les MOOCs (Massive Open Online Courses) sont des cours ouverts à tous et que l’on peut suivre à distance. Le « M » de « Massive » signifie qu’en principe, le cours peut accueillir un nombre illimité de participants. Le « O » de « Open » signifie que le cours est ouvert à tous, sans critère de sélection. Le « O » de « Online » signifie que l’ensemble du cours peut être suivi en ligne. Le « C » de « Course » rappelle qu’il s’agit de cours avec des objectifs pédagogiques, et pas simplement de ressources diffusées en ligne. [En savoir + sur la plateforme dédiée du ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche : France Université Numérique]

Concrètement, un MOOC est un nouveau format de cours en ligne qui peut porter sur n’importe quel sujet, et qui est constitué le plus souvent de contenus théoriques transmis via des vidéos ou du textes, de quiz pour tester l’acquisition des connaissances, de projets pour mettre en œuvre les connaissances acquises, et de forums de discussions. Selon les résultats et le degré de participation, un certificat peut être délivré à la fin du MOOC.

Une start-up pour rendre les MOOCs plus efficaces

C’est dans le cadre de sa propre expérience avec les MOOCs que Yoni Dayan remarque les problèmes inhérents à ce type d’apprentissage. Il décide alors de monter une start-up, il y a un an. Objectif :  pallier les manquements des MOOCs et en premier lieu, leur taux d’abandon très élevé. En effet, aujourd’hui 5 à 15% des personnes qui commencent un MOOC le terminent. En cause, selon Yoni Dayan : le manque d’interaction sociale qui pose problème dans la motivation à l’apprentissage. Mais pas seulement. « Le format actuel des MOOCs, basé sur la vidéo, ne marche pas non plus. De plus, très souvent, les gens sous-estiment le nombre d’heures à dédier à leur apprentissage », explique-t-il.

Son ambition, à terme, consiste à faire reconnaître l’éducation à distance, et plus particulièrement les MOOCs, comme un moyen d’acquérir des compétences et des connaissances. Un moyen particulièrement adapté de part sa flexibilité aux sociétés et économies actuelles. « Aux Etats-Unis, des dizaines de milliers de salariés se forment via les MOOCs et certains MOOCs peuvent réunir jusqu’à 250 000 participants. Aujourd’hui, dix millions de personnes dans le monde ont déjà suivi un MOOC », souligne Yoni Dayan.

[Poursuivre la lecture :] Pages 2 et 3 : suite du portrait
Page 4 : Les principaux acteurs des MOOCs
Page 5 : La sélection des meilleurs MOOCs dédiés à l’entrepreneuriat de Yoni Dayan

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5 Commentaires

  • Pourquoi pas mais quand même, il ne faut pas en abuser.
    On ne remplacera pas un cours « en live ».
    Des essais ont déjà été tentés à de nombreuses reprises et la mayonnaise n’a jamais pris

  • J’ai déjà suivi 2 Moocs et c’est vrai que la motivation s’émousse rapidement lorsqu’on est seul devant notre ordinateur, malgré les efforts des organisateurs pour se retrouver sur les réseaux sociaux. Une partie présentielle serait intéressante pour la motivation des apprenants et pour rentabiliser les Moocs. J’attends la suite de votre projet M. Dayan 🙂

  • J’ai également suivi des MOOCs en plus des cours universitaires à l’époque. Je suis d’accord avec le commentaire de Virginie Giron comme quoi la motivation s’émousse rapidement. Cependant, les MOOCs américains ont l’avantage de proposer des diplômes en fin de module. Certes, le concept devient ici payant mais cela peut constituer une certaine motivation pour certains.

  • Je ne pense pas que le manque d’interaction sociale soit la première cause d’abandon des MOOCs. De nombreux MOOCs proposent vidéos et forums de discussion. Je pense que l’abandon est aussi du au fait que les inscrits n’ont pas forcément le temps de suivre un module jusqu’à son terme, notamment ceux qui travaillent à côté.