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Valoriser les sous-produits de la vigne et du vin, par Sophie Penavayre (Institut Français de la Vigne et du Vin)

En quoi la valorisation des sous-produits de la vigne et du vin constitue-t-elle une nouvelle économie et une réponse aux enjeux environnementaux ?

Interview de Sophie Penavayre, Chargée de mission Environnement, Développement Durable et Territoire à l’Institut Français de la Vigne et du Vin (IFV).

Sophie Penavayre est intervenue dans le cadre de notre café débat du 2 juin 2017, organisé en partenariat avec La Wine Tech, sur le thème « Les nouvelles opportunités de la filière vitivinicole« .

Quels sont les enjeux de la valorisation des sous-produits de la vigne et du vin ?

« Des coproduits sont générés par la viticulture et la vinification : sarments et souches sont produits à la vigne, marcs de raisins et lies de vin sont produits à la cave. On estime que leur volume représente 1 million de tonnes de matière sèche issue des sarments et souches, 1 million de tonnes de marcs de raisins et 14 millions d’hectolitres de lies de vin.

Longtemps considérés comme des déchets à traiter, ils sont aujourd’hui identifiés comme des coproduits à valoriser. Ils représentent en effet une part irréductible de biomasse qui peut être valorisée du point de vue environnemental, agronomique et économique.

L’enjeu est donc bien celui de la mise en œuvre d’une économie circulaire permettant de réduire les impacts environnementaux de la filière en valorisant ses « déchets » devenus matière première pour d’autres filières (cosmétique, agroalimentaire, énergie, agriculture…).

Quelles sont les principales voies de valorisation de ces co-produits vitinicoles ?

Sarments et souches peuvent devenir des amendements organiques lorsqu’ils broyés et compostés. Certains les transforment en résine permettant la production de matériels de palissage de la vigne, d’autres en extraient le resvératrol utilisé ensuite par l’industrie cosmétique, notamment pour ses vertus anti-âge.

Marcs de raisins et lies de vin peuvent produire de l’énergie lorsqu’ils sont méthanisés, ou encore devenir des amendements organiques après compostage et épandage. Cependant, la voie la plus empruntée est celle de la distillation permettant non seulement de produire de l’alcool principalement valorisé comme biocarburant, mais également de nombreux autres coproduits valorisés en alimentation animale, cosmétique, industrie de la chimie, agroalimentaire…

 A quels enjeux de valorisation économique répond le projet « Biomasse Viticole » ?

Les détenteurs de co-produits vitivinicoles sont amenés à entrer dans une démarche d’économie circulaire. Accompagnant la filière vitivinicole dans cette voie, l’Institut Français de la Vigne et du Vin (IFV), en partenariat avec le Comité Champagne – CIVC, le Bureau National Interprofessionnel du Cognac (BNIC) et la Chambre d’Agriculture de la Gironde, coordonne entre 2015 et 2016 le projet national Biomasse Vitivinicole.

Ce projet a pour objectif de faire un recensement des gisements de biomasse et des installations de valorisation, adapté aux spécificités des filières locales, afin d’accompagner les opérateurs vers des voies pertinentes de valorisation de la biomasse vitivinicole.

Quatre bassins de production participent au projet : Bourgogne-Beaujolais-Savoie-Jura, Champagne, Aquitaine et Charentes-Cognac. Ce recensement comprend une cartographie des gisements de biomasse viticole et vinicole et des installations de valorisation, et un répertoire des acteurs locaux, permettant de mettre en lien les opérateurs qui souhaitent valoriser leur biomasse et les acteurs de la valorisation.


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