Retour sur les cafés

Les nouvelles opportunités de la filière vitivinicole

Export, numérique, innovation, financement, commercialisation, consommation, valorisation des sous-produits : tour d’horizon des enjeux et transformations en cours dans le secteur de la vigne et du vin !

Retour sur notre café débat organisé début juin 2017 en lien avec la Direction générale des Douanes et des Droits indirects, et en partenariat avec La Wine Tech.


Développement de la filière vitivinicole : le rôle de la Douane                               

Les exportations de vin ont rapporté près de 8 milliards d’euros à la France en 2016 (plus de 12 milliards d’euros en comptant les spiritueux). Il s’agit du 2ème secteur excédentaire de la balance commerciale, derrière le secteur aéronautique et devant celui de la parfumerie/cosmétique.

Présente tout au long du cycle viticole, de la plantation des vignes à l’exportation des vins, la douane soutient la filière vitivinicole à tous les stades de la production et de la commercialisation. En lien avec ses missions de contrôle économique et fiscal, elle met à disposition des acteurs des services et de nouveaux outils afin de mieux répondre à leurs attentes et de les accompagner dans leurs formalités administratives.

Hélène Brial-Robin, Adjointe au Chef de bureau des contributions indirectes, section Viticulture, à la Direction générale des Douanes et des Droits indirects, a précisé le rôle de la douane en termes d’accompagnement des acteurs de la filière et son adaptation aux nouveaux enjeux du secteur, notamment sur le plan de la simplification et de la dématérialisation des procédures.


 

Viticulture francilienne : entre tradition et innovation

Jean-Louis Testud, Adjoint au Maire de Suresnes délégué à la vigne, a présenté les caractéristiques du vignoble de Suresnes qu’il a contribué à créer il y a une trentaine d’années.
Plus grand vignoble francilien, le vignoble de Suresnes produit le seul vin autorisé à la commercialisation dans la région (entre 3 000 et 5 000 bouteilles par an).

Parallèlement, de nouveaux acteurs et modèles économiques émergent, mêlant tradition et innovation. Parmi eux, la Winerie Parisienne, premier chai urbain à Paris. Julien Brustis, œnologue et directeur technique, a expliqué le concept de l’entreprise : renouer avec la tradition viticole parisienne en créant des vins 100% issus de l’agriculture francilienne. Cette démarche passe également par la création d’un vignoble professionnel en Ile-de-France, situé dans les Yvelines.

« Nous avons créé la Winerie Parisienne pour réinventer la filière viticole de Paris. » J. Brustis, La Winerie Parisienne.

Le numérique, levier de transformation de la filière ?

La filière est marquée par un ensemble de mutations qui concernent aussi bien les vignerons que les consommateurs.
Si une grande majorité de vignerons utilisent aujourd’hui un logiciel de relation clients, ils sont en revanche beaucoup moins nombreux à connaître les outils numériques dans une visée d’entretien des sols, de traitement ou de vinification et une minorité d’entre eux utilisent internet pour augmenter leurs ventes.
Les consommateurs, quant à eux, achètent encore majoritairement du vin dans la grande distribution, chez les cavistes ou même directement chez les producteurs, mais la part représentée par internet dans les canaux d’achat augmente chaque année.
Partant de ce double constat, de nouveaux entrepreneurs visent à proposer des services numériques innovants aux consommateurs et à développer davantage le lien entre le numérique et les vignerons.

Environ 200 startups dédiées aux vins, bières et spiritueux existent aujourd’hui en France. Une partie d’entre elles se sont rassemblées au sein de La Wine Tech, mouvement mondial des innovations dans le secteur du vin.

Parmi les membres de la WineTech, on retrouve des acteurs qui proposent des services grand public (B2C), tels que TrocWine, site d’échange de vins et spiritueux en ligne, ou Pinot Bleu, application collaborative de vente de vins bio et biodynamie.

Pour Arthur Tutin, cofondateur de la Wine Tech et créateur de TrocWine, le numérique constitue un véritable levier de transformation des modèles économiques et des métiers.
[Retrouvez en fin d’article, dans notre rubrique « Ressources », le lien vers la « Parole d’expert » d’A. Tutin]

La Wine Tech comprend également des startups spécialisées dans le service aux professionnels (B2B) comme Vinosoft, cofondée par Sylvain Gautier, qui propose aux vignerons une solution web de gestion de leurs domaines viticoles.

Une nouvelle approche du financement

De nouvelles opportunités apparaissent également dans le domaine du financement des acteurs de la filière vitivinicole. Exemple avec Fundovino, plateforme de financement participatif (crowdfunding) dédiée à l’univers du vin.

S’adressant aux vignerons, aux cavistes, aux acteurs du monde du vin qui souhaitent faire appel aux internautes pour financer un projet, Fundovino met en relation des porteurs de projet-innovateurs et des donateurs-investisseurs.

Son gérant, Jean-Christophe Guérart, nous a présenté la typologie des projets (replantation de cépage, achat d’équipement, travaux de rénovation de caves, aide à la mise en oeuvre de solutions innovantes ou de projets culturels,…) et l’intérêt du crowdfunding par rapport aux solutions classiques de financement.

« La filière vitivinicole demande beaucoup d’investissements : le crowdfunding permet d’apporter des financements. » J-C Guérard, Fundovino.

La valorisation des sous-produits de la viticulture : un enjeu économique et environnemental

Pour Sophie Penavayre, Chargée de mission Environnement, Développement Durable et Territoire à l’ Institut Français de la Vigne et du Vin, le traitement et la valorisation des sous-produits de la vigne et du vin constituent un levier de croissance pour différents secteurs d’activité (énergie, industries alimentaires, chimiques ou pharmaceutiques, cosmétique), ainsi qu’une réponse aux problématiques de développement durable.

Les produits issus de la distillation vinicole et leurs utilisations / Union Nationale des Distilleries Vinicoles (UNDV)

Les co-produits générés par la viticulture et la vinification (sarments, souches, marcs de raisins, lies de vin, bourbes et vinasses) représentent une part irréductible de biomasse qui peut être valorisée du point de vue environnemental, agronomique et économique.

A noter que la filière vitivinicole est également confrontée à d’autres enjeux et transformations économiques. On peut citer, par exemple, la transmission-reprise d’exploitations, le développement de l’oenotourisme ou la lutte contre la contrefaçon. Nous aurons l’occasion d’aborder ces thématiques dans le cadre de futurs cafés-débats.

Ressources

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1 commentaire

  • Le numérique au service des produits viticoles, dans son approche B2C, est en plein boum. Il suffit de regarder les sites spécialisés en ventes évènementielles qui ont émergé ces dernières années. En espérant qu’au delà de l’approche territoriale, le succès s’étendra et que les produits locaux rayonneront à l’international, et pas seulement pour les grands noms/domaines (la simplification des étiquettes aidant).