Paroles d'experts

Enjeux et impacts du numérique sur la filière vitivinicole, par Arthur Tutin, cofondateur de La Wine Tech

Le numérique est-il le nouvel eldorado de la filière vitivinicole ?

Interview d’Arthur Tutin, co-fondateur du mouvement La Wine Tech et fondateur de la startup TrocWine, site d’échange de vins et spiritueux en ligne.

Athur Tutin était l’un des intervenants du café débat que nous avons organisé le 2 juin 2017, sur le thème « Les nouvelles opportunités de la filière vitivinicole ».

Pourquoi avoir créé La Wine Tech ? Quels objectifs ? Quelle typologie d’acteurs ce mouvement a-t-il vocation à fédérer  ?

« La WineTech a été créée dans le but de coordonner les entreprises qui innovent dans le secteur du vin. Elle vise à la fois à fédérer autour d’elle des startups du vin pleine d’avenir afin d’être le porte-voix d’un secteur en pleine évolution, mais aussi à convaincre les acteurs historiques du vin (cavistes, négociants, domaines et châteaux ect.) de la pertinence de nos solutions pour leur transformation numérique et donc l’avenir du marché.

Parmi la soixantaine de startups qui ont aujourd’hui rejoint le mouvement, 25 proposent des services grand public (B2C), 15 des services aux professionnels e(B2B) et 25 sont en démarrage d’activité sur les deux axes (B2C et B2B).

Nous sommes ouvert à toute typologie de startups mêlant vin et numérique, françaises ou étrangères, mais nous n’avons pas vocation à rassembler toutes les startups existantes sur le marché…
Seules celles qui sont les plus innovantes, et qui sont recommandées par un des membres existants, pourront rejoindre le mouvement, ce qui permet d’assurer à tous les acteurs du marché des collaborations professionnelles et pérennes.

Comment les startups peuvent-elles, en tant que nouveaux entrants sur le marché, répondre aux problématiques rencontrées par les viticulteurs, négociants, cavistes ?

C’est parce qu’elles sont « de nouveaux entrants » que les startups de LaWineTech peuvent répondre aux problématiques rencontrées par les acteurs de la filière, du vigneron au consommateur…

Par exemple, les nouvelles solutions numériques ont permis une consommation de vin plus intelligente (big data et IA), le consommateur est plus proche que jamais du vigneron et donc du produit (plateforme de mise en relation, consommation collaborative et marketplace).

Il y aussi de plus en plus d’innovations autour des logiciels de gestion comptable dédiés au vignerons, des marketplaces pensées uniquement pour les restaurateurs et négociants…

Chacune de ces entreprises a une spécificité et un savoir-faire qui répond à un métier tout aussi spécifique et qui constitue une plus-value non négligeable pour le vigneron ou le caviste (solutions marketing et commerciales de gestion de domaine viticole*, nouveaux modes de commercialisation) !

En quoi l’innovation numérique représente-t-elle un véritable levier de transformation en profondeur des modèles économiques et des métiers la filière vitivinicole ?

Nous n’avons pas la prétention de nous dire être « l’avenir » de la filière vitivinicole, mais nous avons tout de même une certitude  : le vin a aujourd’hui un nouveau terroir, celui du numérique.

Les startups de La WineTech ont réussi à réunir autour d’elles de grandes communautés. Nous avons créé de nouveaux usages pour les consommateurs mais aussi les acteurs du marché.

En quelque sorte, nous sommes en capacité de capter les attentes et besoins du consommateur final (source de revenu pour tous) en privilégiant l’émergence d’usages innovants face aux approches plus traditionnelles…

Modèles économiques nouveaux ou non, les winetechs tiennent leurs promesses : les acteurs du marché vendent plus chaque année que ce soit par le biais de services B2B ou B2C et le pourcentage d’achat de vin sur internet augmente chez les amateurs comme chez les néophytes.

Quels sont les enjeux, selon vous, d’un dialogue renforcé  entre les startups du vin et les acteurs de la sphère publique afin de prendre en compte les questions relatives au développement de la filière (aspects réglementaires, simplification des procédures via le numérique, accompagnement des acteurs,…) ?

Il convient, selon nous,de lancer dès 2017 une réflexion collective pour créer une stratégie filière adaptée aux nouveaux enjeux créés par le numérique. Une mutualisation des données entre acteurs historiques, nouveaux acteurs et la sphère publique me semble indispensable pour mettre en œuvre un travail collaboratif autour des attentes de chacun.

Concernant la douane, par exemple, la contrefaçon est encore très présente aujourd’hui dans le monde du vin, et pouvoir disposer de ces données de façon sécurisée et sur toute la chaîne de distribution serait un grand pas pour la filière.

De notre côté, en tant que PME, nous restons en attente d’une simplification des procédures existantes concernant l’import/export de vin, au sein de l’Union Européenne ou pour faciliter la conquête de nouveaux marchés, comme les pays asiatiques L’adaptation de l’administration aux nouveaux enjeux numériques et économiques (simplification et dématérialisation) est essentielle pour accompagner au mieux les opérateurs et permettre à un acteur français de mettre la main sur un potentiel marché étranger avant un acteur US.

Les Cafés économiques de Bercy sont un premier pas vers ces nouvelles réflexions mais nous devons rapidement agir, main dans la main , pour l’avenir de la filière ! »


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