Retour sur les cafés

Démarquez-vous : reprenez (une entreprise) !

Selon un sondage récent, seuls 10% des 18-35 ans ont déjà repris une entreprise ou réfléchi concrètement, sans franchir le pas, au montage d’un projet de reprise (ils sont en revanche plus du double à avoir déjà créé ou songé à créer leur entreprise)*. Or, il y a de nombreuses entreprises, pour la plupart rentables, qui sont susceptibles d’être cédées en France aujourd’hui mais qui ferment, faute de repreneur. Et si les professionnels expérimentés sont concernés au premier chef, les jeunes sont aussi des candidats potentiels à la reprise !

Retour sur notre café débat du 1er décembre 2017, organisé en coordination avec la Direction générale des entreprises (DGE), dans le cadre de la Quinzaine de la Transmission-Reprise d’entreprise.

Reprise d’entreprise : des opportunités à saisir pour les jeunes

« La DGE a pour mission de proposer et de mettre en œuvre des politiques pour favoriser la compétitivité et le développement des entreprises. C’est à ce titre que nous examinons des mesures en faveur de la transmission d’entreprises », a expliqué Auréliane Labourdette, adjointe au chef de bureau « Entrepreneuriat et du développement des entreprises ».

Ent’reprendre, c’est donc créer, mais c’est aussi reprendre. Et le « repreneuriat » présente de nombreuses opportunités pour de jeunes repreneurs, avec ou sans expérience entrepreneuriale préalable.

C’est, par exemple, l’occasion de moderniser ou de transformer une entreprise, notamment avec le numérique.
C’est aussi, selon Auréliane, une façon d’aller plus vite et plus loin et avec moins de risques ! Plus vite grâce à une clientèle, des salariés ou une marque déjà existants et plus loin car l’entreprise à développer est déjà avancée.
Les entreprises reprises s’avèrent aussi plus pérennes que celles créées ex-nihilo.

Parole de jeunes repreneurs : concilier audace et ténacité !

Deux jeunes repreneurs, évoluant dans deux secteurs d’activité différents (le luxe et l’expertise comptable), ont pu échanger avec la centaine de participants sur leur parcours, le choix de la reprise et les difficultés rencontrées.

Chadi Srour, jeune repreneur de la marque Thuillier Paris, entreprise de confection de chemises sur-mesure pour hommes depuis 1930, a insisté sur le fait que c’est le savoir-faire et le capital humain qui fontt la richesse d’une marque.

Encore étudiant en école de commerce à l’époque où un des descendants du fondateur de Thuillier Paris recherchait un jeune repreneur pour faire redémarrer l’activité de cette maison familiale, Chadi a pu faire valoir sa volonté de se projeter dans un cursus entrepreneurial à travers notamment sa première expérience acquise en junior entreprise.

Pourquoi reprendre plutôt que créer sa propre affaire ? N’étant pas styliste, Chadi a évalué la complexité à se lancer dans l’entrepreneuriat du luxe et à construire une marque en vue de devenir, après quelques années, une grande maison.
Verdict : « pourquoi partir de zéro lorsqu’on peut s’appuyer sur un patrimoine et une histoire pour relancer une marque ? »

De son côté, Vincent Molinié, jeune repreneur associé du cabinet d’audit et d’expertise comptable PHM-AEC, a également choisi la reprise alors qu’il avait initialement un projet de création de sa propre structure.

Un ancien associé du cabinet d’expertise comptable où il a acquis sa première expérience, installé ensuite à son compte, lui a proposé de devenir associé. Cette association comprenait une cession différée dans le temps à son profit.

Outre le fait d’intégrer une structure avec un chiffre d’affaires existant et une relation client déjà établie, Vincent a pu bénéficier des conseils de son associé expérimenté et construire sereinement le plan de développement futur du cabinet.

« Être repreneur, ça s’apprend : l’accompagnement par le cédant est primordial », a-t-il expliqué, en ajoutant qu’il convient de casser les peurs de l’échec chez les jeunes tentés par l’aventure entrepreneuriale en inculquant, dès le plus jeune âge, une culture de la création/reprise d’entreprise.

Etre (bien) accompagné : clé de la réussite !

Blandine Bierre, Cheffe du Pôle « Appui en charge de l’accompagnement et de la formation du réseau » chez Initiative France, a présenté les démarches à suivre en termes d’accompagnement/financement et l’importance de la relation cédant/repreneur.

Elle a insisté sur la nécessité, pour le repreneur, de se faire accompagner et d’enrichir ses compétences afin d’optimiser les chances de réussite de son projet de reprise. Des réseaux tels qu’Initiative France, présents sur l’ensemble du territoire, apportent l’aide et les conseils utiles pour faciliter l’identification et la mise en oeuvre de tels projets avec les parties prenantes. Le cédant peut également être rassuré et accepter plus facilement de céder son entreprise s’il sait que le repreneur est accompagné par un professionnel dans son projet.

La reprise d’une entreprise est-elle plus onéreuse que la création ? Implique-t-elle un apport financier conséquent, difficilement mobilisable pour un jeune repreneur ? A ces questions, Blandine a tenu à tordre le cou à l’idée selon laquelle la reprise d’entreprise serait réservée exclusivement aux profils expérimentés bénéficiant d’un apport personnel élevé.

Selon elle, le financement ne doit pas constituer un frein pour se lancer. Il existe des solutions de financement accessibles aux jeunes candidats à la reprise (le prêt d’honneur sans intérêt ni garantie, auquel peut être adossé un prêt bancaire). Certaines structures et certains secteurs d’activité sont, par ailleurs, tout à fait abordables sur le plan financier pour un jeune repreneur.

Pour en savoir plus sur ce sujet, retrouvez l’interview « parole d’expert » de Blandine Bierre.


* sondage « Les jeunes et l’entrepreneuriat » (OpinionWay, octobre 2017)


Aller plus loin :

Laissez un commentaire

Complétez ce petit calcul avant d'envoyer votre message : (obligatoire)